Plus forts ou plus faibles ?

Telle est la question sur l’état des centres économiques après l’épreuve Covid-19. Donald ou l’Empire du milieu ou la restructuration des blocs et donc des centres de l’économie-monde avec une rivalité accentuée ?

La géopolitique que certains croyaient enterrée par la belle embellie de la mondialisation depuis la fin des années 1980 refait surface et pour longtemps. Fidèle à Braudel(1), je n’ai jamais cru à la stabilité de la mondialisation car il y a toujours une seule tête « immortelle » au bout de la chaîne de production du capitalisme. Alors voilà, Covid aura-t-il ou est-il encore assez puissant pour renverser l’ordre des choses ?

Il a obligé quatre milliards d’individus à se confiner sous l’autorité des puissances publiques ! La mondialisation stoppée, mise face à son propre miroir. Et la gestion des risques ? Ce b.a. -ba des écoles de gestion. Niet, aucune prévision de ce risque ni dans la puissance publique ni dans les grandes puissances privées.

 

 

Covid-19, la nouvelle marque mondiale de la réalité augmentée :

Donald Trump laissera-t-il passer l’élection présidentielle ? L’Empire du milieu se laissera-t-il vider de toutes les multinationales ayant trouvé refuge économique sur son sol ? Quid de ses routes de la soie ? Le vieux continent saura-t-il s’émerger de ses mers de contradictions ? Un serpent à trois têtes se dessine alors nous renvoyant à la mythologie grecque. Mais déjà Covid nous fait remonter le temps, étape par étape : au niveau européen, le reflet du vieil empire austro-hongrois resurgit avec une totale hypocrisie mais peut-être calculée (?) . Outre-Atlantique, les clivages noirs/blancs renaissent avec la mise en lumière mondiale des souffrances subies. La vie des noirs d’hier face à l’esclavagisme moderne. Une chine qui finalement et surtout a su se positionner sur l’échiquier mondial comme centre et non plus comme un pays en voie de développement en affrontant le Sras-2, Covid19. Et en s’attaquant mutuellement, Etats-Unis-Chine, ils rivalisent leur positionnement planétaire. La communication étant l’arme dans ce jeu géopolitique. L’un partage de suite les données scientifiques du Sras-2 Covid-19 à la communauté internationale, l’autre l’accuse de minimiser les chiffres pour s’octroyer le futur vaccin car ayant le plus de victimes. Pendant cette bataille, les deux rejettent leur problématique socio-économique tout en valorisant leur modèle respectif. Alors comment se redessine l’économie-monde ? Quelle sera la tête de la chaîne ?

 

 

L'Hydre de Lerne

Le soulèvement tectonique Covid n’accouchera pas d’une souris, c’est certain. Les gestionnaires d’actifs se gavent sur les marchés et surtout l’un d’entre eux, Black Rock, pour les marchés occidentaux, versant atlantique. Côté Pacifique, on arme « pacifiquement » et l’armée américaine ne fait plus le poids dans cette région du globe ni même dans les océans polaires(2). La neutralité est peut-être, et pour l’instant, l’emblème du centre Europe. Je me nourris là et ici. L’Hydre de Lerne est ainsi la figure planétaire tant que soufflera le vent de la tempête Covid. Mais il finira bien par se stopper et le marqueur est l’élection présidentielle aux Etats-Unis.

Alors qui sera ou se prendra pour Héraclès dans sa deuxième phase des travaux ?

 

 

 

 

Le divin et le réel

Le pouvoir rend fou. Les hommes au pouvoir ont toujours consulté. Entre le divin et le réel, ils sont partagés entre leur croyance et leur capacité…. Même encore de nos jours. Il est à prévoir des secousses importantes dans l’accouchement du nouveau monde… à très bientôt.

C.GROS 

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(1) Fernand Braudel, historien
(2)Hervé Baudu « La route maritime du Nord, réalité et perspective », Regards géopolitiques, n°5, Québec, automne 2019

 

 

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